samedi 21 avril 2018

ASTERIX 20 AVRIL 2018

J'aime beaucoup Hercule Poirot. Il observe, il note, puis il pense et déduit. Conduit dans trois restaurants agréables ces temps ci à l'occasion d'un séjour à Mattes - photos à suivre - sans cuisine, j'observais que la carte des vins était exclusivement locale, le plus souvent. Certes, il convient de faire connaître nos vignerons, surtout que les prix en sont modérés. mais j'ose penser que cet attachement local a d'autres raisons, l'entresoi, le manque d'ouverture et de regard sur le monde.

Cette observation est d'abord passée par les chemins de Dieu. La TV m'avait servi une émission sur les 100 PLUS BEAUX VILLAGES DE France. J'avais regardé la liste, en observant que sauf erreur, l'Aude n'était pas présente, et pourtant !!! j'avais vu que le Var, et le Vaucluse, en alignaient chacun 5, bien mérités. Mais rien dans l'Aude ??? même pas le pays de l'abbé Saulnières ? même pas Cucugnan, pourtant si pittoresque ? même pas Couiza ?? rien ...que diable..et Bages, et Peyriac ?

Mais les hasards de la route, encore, me firent passer sur le chemin de Mattes, par Charroux, village à deux pas de Chantelle !! Charroux fait partie des 100 PLUS BEAUX....pourtant je le trouve banal, certes, sans chose abîmante, ni Intermarché, ni éolienne, mais que c'est banal, à côté de Pérouges par exemple, ou de ce village que j'oublie vers Genève !! de la bibine.

Bref, l'Aude se retrousse t'elle les manches ?? veut elle se faire connaître ? ou se satisfait elle béatement de son monde ? souvent les cartes de vins reflètent non pas la curiosité du cuisinier et ses goûts, mais des portefeuilles de réprésentants, qui tournent, au gré de leurs commissions. quelques cuisiniers vont plus loin, et cherchent, mais ils sont rares.

Nous allâmes dans un restaurant pourtant connu pour sa cuisine agréable (mais abordable). Sa carte des vins débordait un peu la région, avec bcp de roussillon (mais pas un fitou), qq champagnes, pas un bourgogne (il est vrai qu'il n'en vendrait probablement pas, sauf aux estrangers), et rien en bordeaux, val de loire !!

mais qu'importe j'etais prêt à boire local. A ma demande, il me recommande un nom bien connu, avec un O et un R, une tête de la région.  Je lui dis surtout pas, c'est imbuvable !! nous nous querellons un peu, mais fermement. Il me recommande alors un autre, qu'il trouve très bon, et que je ne connais pas.

20 minutes plus tard, il me demande ce que j'en pense. "Très banal !! affreusement banal !!" ce soir là, je me suis fait peut être un ennemi par ma franchise, mais c'etait un simple grenache, oui, banal. Ni bon, ni mauvais, mais pas marquant, si bien que j'en ai oublié le nom ! Fontsainte je crois !

Il se trouve que sur le retour sur Paris, je boirais dans un restaurant agréable, à la carte disons assez éblouissante en appellations et en millésimes un verre de côte rotie à 12 €. Je l'ai jugé bon, plaisant, velours en bouche, mais sans attaque ni longueur, ni complexité. Le CLOS REDON 2017 de Mattes sera bien meilleur.

Toute cette classification des appellations, des vins, tient de l'aristocratie de l'Ancien Régime, où le nom faisait tout. Dire que les français aiment la liberté et l'égalité !!! Par chance, les marchés extérieurs n'ont pas ces oeillères, ils cherchent le bon au meilleur prix, sans sacrifier à l'étiquette..6 pallettes de clos redon 2016 vont partir au Japon.

Oui, pour revenir à l'Aude, je me souviens d'un bistro jadis vers Margaux, ou l'on trouvait bien sur tous les margaux du coin, mais où le propriétaire pouvait aussi apporter son vin. Mais tant que l'Aude s'imaginera comme Astérix qu'elle fait les meilleures cervoises et potions magiques du Monde, les domaines ne feront pas de progrès. Quand j'ai démarré en 1985, le Lubéron démarrait. Aujourd'hui ses vignes valent le double des nôtres....Soyons honnêtes, chaque région viticole a les mêmes travers. IL n'y a qu'a Londres qu'on trouve des cartes de vins éclectiques, voire meme encyclopédiques. Mais quand un local vous recommandera comme bons vins des vins lointains ( je m'y risque : PONTET CANET pour un bordeaux, parmi d'autres qui ne deméritent pas, VOSNE ROMANEE du comte de Vogue, et x champagnes, ou des blancs de macon ) peut être les Corbières seront elles sauvées !

samedi 24 mars 2018

AU FIL DES JOURS

Enfants, nous apprenions tous un poème, une ritournelle, et dont la fin était : "Mars ramène en secret le printemps".

En ce samedi matin, je vois sur meteoferrals.com qu'il fait 6.4°c à Mattes,  que la pluie semble tomber. Quant à Paris, le ciel est ce matin clair, mais il ne fait pas plus de 8°C. Il y a quinze jours, nous gelions !

Malgré cela, le monde continue de tourner. Les évènements n'ont pas manqué : certains montrant que le monde est resté tel qu'il y a cinquante ans. Elections italiennes, qui ne conduisent a rien. Elections russes à la soviétique. Enfin, la Chine revenant à la Présidence Mao, tout en combinant un parti communiste et des milliardaires, c'est à dire le grand écart. Serions nous rejetés en arrière ?

C'est le sentiment qu'on peut avoir, comme si les peuples ne changeaient pas. Pourtant que la vie, le mode de vie, la vie bien souvent, a changé en 50 ans. Je me rappelle assez bien le printemps de 1968, alors que j'étais en seconde. Mais les échos en parvenaient assourdis dans cette ville de Province qui s'est donnée désormais à Wauquiez. Oui, les universités remuaient, défilaient, contestaient. Mais si le bon prêtre nous avait dit - comme on le dit désormais - que tout avait commencé par des revendications de liberté sexuelle, nous aurions ouvert des yeux ronds. Nous percevions plutot le poids de trop d'académismes dans ce monde ancien, notamment éducatif. La vivacité d'une jeunesse, la tâche de la guerre du vietnam.

Est ce que 1968 fut une Révolution ? Certainement pas. Certes, beaucoup de l'ordre ancien sauta en éclat, mais ou voit on l'équivalent d'un saut en avant ? Beaucoup de choses, de gens, resterent en place, mais sans doute la génération de la guerre céda la place à la suivante, pour simplifier De Gaulle à Pompidou, Giscard, Mitterand et autres.

Néanmoins, 1968 marqua le début d'une ébullition qui dura longtemps. Tchéchoslovaquie, puis Pologne dix ans plus tard, et enfin Allemagne de l'Est,  effondrement du mur de Berlin, et explosion de l'ancienne URSS en x republiques. Ensuite deux évènements différents, la mort de Mao, puis l'élection du tandem Thatcher Reagan marqua le début du retour du libéralisme effréné.  Que de secousses en tout genre, et l'on ferait rire bien des gauchistes de l'époque en leur disant que leur résultat le plus apparent fut le retour en Russie de la religion orthodoxe, et l'enrichissement des milliardaires américains.

Beaucoup de choses ont néanmoins bougé - mais sont ce vraiment des progrès ? . Un certain éclatement de la famille, le poids de l'argent, un écrasement des valeurs anciennes au profit du fashion, de l'individualisme, d'un certain autisme, de la sphere individuelle, des égoismes. Quand j'ai commencé à travailler - 40 ANS -  il y avait une certaine éthique dans l'entreprise, des règles, un formalisme, un respect des uns et des autres, des choses qu'on n'aurait jamais faites. Là aussi, tout a disparu, au moins dans beaucoup. C'est vrai aussi de beaucoup d'institutions. Inversement, la confiance était plus grande, plus simple. Aujourd'hui, si vous n'avez pas de téléphone portable,, et de CB, vous ne pouvez rien payer !!! 

Le monde était relativement simple, pour qui en connaissait les règles. De Lille à Marseille, du grand bourgeois à l'auvergnat le plus reculé, on pouvait se parler et se comprendre, comme en témoignent Pompidou et aussi Chirac au cul des vaches. La France était restée paysanne.  L'ascension sociale était évidente, pour qui voulait. Aujourd'hui, les communautés sont nombreuses, quasiment fragmentées et éclatées : les CSP+, les bobos, les ghettoisés, les tradi, les fashion, les "français de souche", les gens ayant fait des études supérieures, les musulmans, les catholiques, les athées, les riches, les pauvres, les sans enfants, les sans maris, les divorces, les vieux, les jeunes, les geeks, que sais je !! les naturistes, les textiles, les bourreaux de travail, les relax, les corses, les continentaux, les fana de gym, de footing, les métal, les classiques,  on pourrait nommer des dizaines de catégories, chacune ignorant presque les autres, et restant assez hermétique.

Certes, il y avait des différences, très grandes, mais l'ADN était commun. Si on compare par exemple la réaction du peuple  face à la mobilisation en 1914, puis en 1939, déjà on voit des craquements, des changements. et la réaction après le Bataclan fut instinctive, certes, mais limitée à une population bien définie.

Comment Mattes a t'il évolué pendant la période ? est ce qu'il est sur les bons rails , dans la bonne direction ? que sera le Futur ? que doit on faire pour les 50 prochaines années ?

J'entends parfois quelqu'un m'affirmer que les entreprises françaises ne sont pas assez informatisées, que nous avons des progrès à faire. Je ne crois pas que ce soit le défaut majeur de nos entreprises. Par exemple, jamais les banques françaises n'ont été aussi informatisées. Est ce qu'elles rendent individuellement de meilleurs services qu'il y a 20 ou 40 ans a leurs clients ? Le seul progrès que je constate pour ma part est l'accès rapide aux comptes. Est ce qu'une expérience informatique aide à mieux monter une palette ? à planter des vignes ou des arbres ? à fouiller l'avenir ? au contraire, l'avalanche de données non classées perturbe la décision, et n'aiguise pas l'instinct ni la réflexion, à voir les fondamentaux.

La mécanisation sans doute a aidé l'agriculture, internet aussi, la globalisation aussi. Ce mois ci, nous avons expédié notre premier container - 14.400 bouteilles quand meme- sur la Chine. Hier, sont aussi parties des expéditions vers les USA, l'Allemagne, le Japon. Le boulot a aussi changé de nature, au moins pour le régisseur et l'exploitant. Mais la météo, l'état des vignes, font toujours la récolte. Ce qui a peut être le plus évolué, et qui doit le faire encore, c'est sans doute notre attention à l'environnement - même si les oiseaux et les écureuills n'ont jamais quitté Mattes, comme les chauve-souris - et j'allais dire le travail à faire après la récolte, c'est à dire l'élevage sans doute, et aussi le travail d'assemblage, qui est à la fois intuition et expérience. Pour la troisième année, la confusion sexuelle est pratiquée, permettant d'éviter des traitements chimiques et délicats.

Hier, a Carcassonne, à deux pas de Mattes, a eu lieu un évènement tragique résumant toute cette évolution. Dans l'Aude tranquille, presque millénaire,  un homme au nom d'Allah a tué 4 personnes plus que bêtement. Un colonel a donné sa vie. Il n'y a nulle explication rationnelle a ces crimes, sauf l'ignorance, la soif de revanche, et la bêtise ambiante qui monte encore.





samedi 10 mars 2018

VIEUX MILLESIMES

L'intérêt d'amateurs du Val de Loire pour une dégustation verticale - plusieurs millésimes - de CHEVREUSE en fin d'année, et leurs résultats, m'a fait regouter depuis fin janvier des vieux vins de Mattes.

J'ai regoûté tout ce qui était disponible, ou à revoir.. Je n'ai pas regoûté ni LE MILLENIUM ou le FRANCOIS MAURIAC, de 2000. Non plus le 2003, dont je ne dois pas avoir gardé une bouteille.

Au final ont été dégustés, souvent sur plusieurs jours, les vins suivants, qui ont aussi l'intérêt d'avoir été produits - ou vinifiés ou élevés - par trois régisseurs successif, dont la patte apparaît à l'usage. Il y eu aussi quelques modifications dans la façon d'élever en barriques, et quand mettre en barriques.

CHEVREUSE 1998
CHEVREUSE 2001, Massoud
CHEVREUSE 2004
CHEVREUSE 2007
CHEVREUSE 2008
CHEVREUSE 2011
CHEVREUSE 2013
CHEVREUSE 2015


¨Première chose, tous ces vins sont "buvables", ils ne se sont pas passés. Pourtant le premier a 20 ans.
Le boisé s'est estompé au delà de 7 ans. Les vins sont très différents, par exemple le 1998 est plutot un vin faible, à 12.5, tandis que les millésimes suivants sont plus concentrés et dépassent souvent les 14°. Mais quel bouquet !! sans faire tourner la tête.

Il est difficile de les classer, car tous ont un âge différent.  Le 2007, mon préféré, est remarquable de complexité et de fraîcheur, son équilibre est là, son excellence aussi.

Les autres ont chacun leur caractère, et leur intéret. Le 2001, que j'ai longtemps trouvé trop marqué par le bois brûlé, est maintenant fondu. le 2004, qui ne me plaisait plus il y a environ 5 ans, me convient très bien, alors que le 2011 semble désormais en arrière. Reviendra t'il dans le peloton ?

En tout cas, l'objectif est atteint, Mattes est capable de faire des vins qui tiennent 20 ans, et surtout ce qui est plus étonnant, vous pouvez les déguster sur plusieurs jours, ils n'évoluent pas rapidement à l'ouverture.

 


10 MARS 2018, apres le SALON de l'AGRICULTURE

Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.

Beaumarchais !

 

Dans une vie apparement sans relief, morne, boring, comme on dirait maintenant, les émotions et les indignations ne manquent pas. Je vais en livrer quelques unes à votre sagacité.

Tout d'abord, un mystère !! comme chacun sait, la récolte de vins a été dans le sud, disons trois bassins, Bordeaux, Provence et Languedoc, inférieure à celle de 2016 inférieure de 15 à  20 %. C'est quand même énorme !

 Les lois de l'offre et de la demande auraient laissé penser à un esprit rationnel type ... que le prix des vins devait augmenter ! aussi sûrement que la dernière peinture de Léonard da Vinci, par sa rareté, atteint des sommets.

 Voyons les faits. A Bordeaux, en moyenne, les prix ont augmenté de 17 %. Pour la Provence, citons des propos officiels :

La petite récolte de 2017, inférieure de 12 % à celle de l’année précédente, a inquiété les importateurs soucieux de s’assurer des volumes. De quoi échauffer les esprits et faire monter les prix. « Le prix du vrac a flambé de 26 % en janvier 2018, par rapport à l’année précédente, pour atteindre 2,6 à 2,7 euros le litre », affirme Brice Eymard, directeur du CIVP.

 EN Languedoc, il y a eu des tentatives de hausse, de grandes discussions, mais le message officielle des coopératives et des esprits relayés bien sûr par les acheteurs était prudence, engagement triennal, sauver les marchés, sous entendu, si hausse, tout s'effrondre.

 Résultat : les prix des vins de cépage n'ont pas bougé d'une année sur l'autre, à l'exception peut être du chardonnay. Le cabernet, qui part pour une part sous des cieux plus rémunérateurs, et était très demandé - nous l'avons vendu en deux jours - est resté stable.

Pour ce qui est AOP, là aussi, les marchés ont été rapides, en janvier, mais les prix n'ont quasiment pas bougé..disons le cout de la vie, quand l'acheteur fait partie du Cartel (les gros metteurs en marché, soit 3 à 5 groupes), et beaucoup, 7 à 15 % pour les négociants plus petits ou independants. 

Or, si on observe sereinement les choses, on voit bien que dans les bassins Bordeaux et Provence, les grands groupes type CASTEL, GCF, JEANJEAN et autres, n'ont pas ce pouvoir qu'ils ont dans notre région. et que les gens en face sont davantage des vignerons indépendants capables de vendre par eux mêmes, dont les marchés sont porteurs.

La conclusion est claire. POurtant, je persiste à penser que plutot que de se battre par le bas, notre région devrait se battre sur une qualité, et la faire reconnaitre.

C'est ce que j'ai voulu faire dès 1989, 1992, devant patienter jusqu'en 1998 pour tourner le volant, virage que j'avais préparé - ah l'audit de 1992 par le père Dubernet fut decoiffant - en plantant de la syrah, etc.

Le résultat est clair. Le Corbières vrac 2017 sortant de Mattes a été payé en moyenne 136 € par hl, alors que notre voisin et ancien metteur en marché payait 70 a ses coopérateurs...si l'on estime à 10 -15 € les frais de vinification, la différence est claire ! et si on inclut nos ventes bouteilles, le prix moyen de l'hl de vin vendu par Mattes monte à 206 €/hl

Il y a quarante ans - il faudra que je fasse un historique - les vins de Provence étaient sans doute aux memes prix que les vins du midi - aujourd'hui l'écart est du simple au double, un peu comme la France à l'Allemagne.


Deuxième épisode !!

Comme vous ne le savez sans doute pas, il existe un concours des vins de Corbières, dont le retentissement ne doit pas dépasser les portes de Boutenac, même si les échos en arrivent à Sigean.

Par contre, vous avez sans doute entendu parler des concours type CONCOURS GENERAL AGRICOLE ou MACON, qui ont pour eux l'ancienneté, et l'audience, bref un intérêt plus évident.

Je vous livre des choses étonnantes à méditer profondément, à l'heure où la Corée silencieuse semble avoir plus de résultats que les pantalonnades de M. TRUMP.

Nous avons présenté - ô faiblesse - les mêmes vins au Concours des Corbières, et au CGA, dont les dégustations ont eu lieu à un mois d'écart, certes pas par les memes dégustateurs !! 

Le Clos Redon et le Chevreuse ont été éliminés aux Corbières, et ont récolté deux médailles d'Or à Paris. 


 

 

vendredi 2 février 2018

HIVER 2017 et tourments ordinaires !!

Deux mois de date à date, pas vraiment de la vigne, mais certainement la vie du vigneron, telle que je ne l'imaginais pas, et que je la traverse. Une foule de souvenirs, d'épreuves le plus souvent, d'observations, dans beaucoup de domaines, de bas en haut, de gauche a droite.

1°) Tout d'abord, les ventes de fin d'année, qui sont relativement importantes pour le chiffre d'affaires, car elles se concentrent sur une courte période, dont, a priori, on ne sait rien à l'avance. Y aurait il un effet Macron par exemple ? ou des neiges sur les routes empêchant les livraisons ?

Cela tient aussi aux vins qu'on peut proposer, aux nouveautés. au total la fin d'année, presque 1000 caisses expédiées en France. Ce n'est pas mauvais disons.

Mais le chiffre d'affaires est en baisse, car forcément la récolte 2016 étant basse..nous avons eu moins à vendre, et les prix n'ont pas bougé.

2°) ensuite ce fut l'angoisse de l'indemnité assurance climatique, Groupama. Rappelons les chiffres. Les vignerons sont invités à s'assurer contre les risques climatiques en tout genre, secheresse, gel, etc, grêle bien sûr. Tout cela part d'un bon principe.

Nous étions assurés pour 360.000 € au maximum, soit la valeur de la récolte en vrac,  un cout de 6500 €. En 2016, le rendement a baissé, par suite de la sécheresse, de 20 %, soit 400 hl. Indemnité O.
2017, sécheresse identique plus couplé à 8Ha gelés, soit 400 hl, supplémentaires perdus. Indemnité 23.000 €, soit l'équivalent de 150 hl, pour une perte de 800 hl...

Ce qui est le plus étrange c'est le papier que l'on recoit pour arriver à cette somme. Je défie quiconque fut il normalien polytechnicien macronien d'y comprendre quoi que ce soit, et d'expliquer la facon de calculer.

J'en ai la confirmation, quand l'esprit fatigué, j'appelais la centrale telephonique pour avoir la confirmation. apres x minutes, environ 20 mn, la conseillere y perdit et son latin. Je recevrais le lendemain par mail le principe de calcul !!!

3°) le troisième poids, terminant l'année avec peu d'argent et peu de stocks, était de planifier une trésorerie pour l'année 2018. Forcément, être indépendant n'est pas simple, car les rentrées sont aléatoires. Je viens juste, ce 2 février cher à mon coeur, d'achever l'exercice, après moults nuits blanches et calculs. A peu de choses près, 2018 sera comme 2018. Mais autre inquiétude, il fait tjours sec dans le sud, donc petite récolte probable. Et l'assurance est passée à 10.500 €

4°) le 22 décembre, avec la famille de l'agent US, je goûtais les bruts de cuve de la récolte 2017. Il fut satisfait par le rosé !!
Pour ma part, j'ai noté que les grenaches étaient bien foncés et fruités, les cabernets superbes, les syrahs homogènes, et le carignan tourne meilleur au bout de quelques jours.

quelques jours de faux repos (obsédé par la trésorerie 2018)

5°) rentrée, de mémoire, le 3 Janvier.

une cocasserie tout d'abord. la Direction Départementale de l'Agriculture (ou de l'Environnement) nous fait un courrier salé concernant 4 petits panneaux signalant, sur nos terres, l'entrée de Mattes.
Ou la vertu va t'elle se nicher ?

Je lui répondis assez vertement !!!

Il semble d'ailleurs que nos fonctionnaires - qui ont été incapables de retrouver l'escroc nous ayant volé 8.000 € de vin il y a deux ans, alors que je donnais son adresse, son nom, et tout, - aient du temps à perdre. Un mien cousin vient d'être mis en demeure pour détruire une digue (rivière)..au motif que cette digue empêchait la remontée des poissons !!!
Cette digue a au moins 100 ans d'existence, et fut probablement solidifiée par mon grand mère. Or je peux certifier qu'en 1960-1970, avant que tous les francais ne chient dans les rivières de montagne, je veux dire à l'heure ou les rivières étaient pures,  cete rivière abondait en amont de poissons délicats comme la truite, et tout ! qu'on pechait à la main ! c'est dire l'abondance.

un pensum plus sérieux, la vente des cépages. faute d'un marché transparent - pas de bourse, pas de demande visible, pas d'offre visible, des statistiques en retard, c'est comme pisser dans un violon. c'est a à dire au hasard. cela avantage naturellement les négociants qui sont peu nombreux, disons 5, et font leur loi dans cette jungle. O macron stupide qui pense que l'angélisme va apparaître spontanément dans les relations négociants - GD - producteurs !! normalement, avec une récolte en baisse de 20 % sur tout le languedoc, les prix auraient du monter. Ils ne bougent pas !!!!

Et le cabernet excellent de Mattes part à 95 €, alors que si Rabelais le baptisait saumur champigny, ou bordeaux , voire medoc, il vaudrait dix fois plus au minimum. Dire que le Languedoc cherche encore à parler appellations, comme si on poussait la poussiere sous le tapis !! les grands pays viticoles, en expansion, n'ont pas ce systeme anti intelligence et gout.

6°) autre pensum, qui ne fut pas le moindre...une négociation commerciale avec des chinois particulièrement retors pour le moins.

Comme l'épisode n'est pas fini, attendons pour le dessiner. Mais j'ai appris à tenir tête , à bien compter, et surtout à voir que ce j'appelle Blanc peut être Gris pour un Chinois voire même Bleu. Bref, la vision du Monde est pour le moins très particulière. Je comprends pourquoi les grands groupes ont des problèmes en Chine, cela ne doit pas être "écrit" tous les jours. Il faut être capable de gérer l'inconcevable, par exemple qu'un transfert annoncé "clairement" ffait le 24 ne l'est pas encore le 31..et le sera peut etre jamais. Bref, Tintin au Tibet, si j'ose dire !

7°) dans cette tempete, il a fallu suivre aussi les salaires, les plantations, faites sur 4 ha très tôt cette année,

8°) qui dit plantation dit investissement, et donc en general demande de prêt...mais je raconterai cela dans un autre épisode, qui en dira long sur la banque dite de demain, et le bon sens pres de chez moi.

9°) bref semaine dure, que je clos sur une satisfaction, si j'ose dire, après avoir re gouté cette semaine un 2011, puis un 2008, puis un Mattes hors d'âge, probablement 1980. Celui ci imbuvable, mais le bouchon en bon état. Il était signé Benjamin Louis, maison qui a disparu, et qui vendait beaucoup le Mattes sur l'Allemagne, dans les années 1960-1980. Tout a été balayé, tout a changé.

Oui, une satisfaction, comme trois ou quatre dans une vie. En 2011, j'avais dit que la cuvée Chevreuse servirait à rénover une chapelle du même nom, près de cette ND des Landes, qui fait parler d'elle. Peut être cette chapelle a t'elle contenu le "Salvator Mundi" qui fut fameux ces jours ci, et dont j'ai retrouvé qu'il appartint en 1865 au Baron de Lareinty, enterré là, mais avant tout cette chapelle est très belle. Eh bien aujourd'hui, le toit a été refait, et j'ai reçu les photos aujourd'hui. Peut etre un jour cette chapelle retrouvera t'elle sa totale beauté ? je l'espère. Nous avons encore les objets religieux, et une Vierge très belle.

Mentalement, je calcule que en moins de dix ans, j'aurais fait refaire sans doute 1500 m² de toit.





 Je pense que dans quelque temps, une association sera créée, pour permettre la remise en etat de la chapelle, avec déduction fiscale.

Cela me fait penser que je n'ai pas fait de déclaration de travaux ni demandé de permis de construire.

10°) un mien ami m'avait fait remarquer que Mattes n'était pas sur la table des restaurants parisiens, ni fameux etc. Je vous l'accorde, Monseigneur.

Il me citait le château de Caladroy. Mon adrénaline fit le reste. Toujours est il qu'en examinant ce domaine, je trouvais une pepite, qui se révélait être la solution à un probleme insoluble depuis 4 ans.
Je ramassais la pépite, et aux beaux jours, je la ferai mienne.

jeudi 4 janvier 2018

4 JANVIER 2018.

Il conviendra plus tard de dresser le bilan de l'année écoulée, mais à l'heure où la viticulture - notamment - me rendrait presque paranoiaque par les affres que je dois étreindre, Dieu m'a envoyé un petit clin d'oeil, qui ne manque pas de saveur, aujourd'hui.

Je le livre tel que à votre sagacité.


C'est pas très lisible, mais toujours est il que mes cotisations sociales s'elevent à 20.045 € pour l'année, dont 4800 € de CSG CRDS, et 380 € de formation professionnelle, si nécessaire...Bref, comme avant la révolution, la paysannerie est pressurée !!!!!!!!!!

Mais alors ce qui fait franchement bidonner, c'est que le même organisme "collecteur" sic -  c'est mieux qu'un pressoir pneumatique - m'adresse le meme jour le décompte de mes dépenses maladie pour l'année 2016.


Et l'on s'étonnera que d'ici vingt ans, après la suppression de la taxe d'habitation, on demandera la suppression de la taxe SANTE, encore plus injuste par la disproportion entre les dépenses et le retour.
Et l'on s'étonne que la France patine dans la m..................!!